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Bilan de la première année de Biofermes France

Cela fait maintenant 1 an et demi que le projet Biofermes a vu le jour en partenariat en France, avec Intelligence Verte et la ferme de Sainte Marthe. Né d’un constat alarmant face à la diminution de la biodiversité cultivée, une perte d’autonomie des paysans, une pression foncière accrue pour les petites fermes etc. Biofermes a pour ambition de rendre à l’agriculture son rôle sociétal.

Copyright: Dagmara Bojenko Photographe

De Mars 2016 à aujourd’hui, nous pouvons d’ores et déjà constater les avancées réalisées par ce projet et sa contribution pour le développement d’une agriculture plus saine plus humaine, productive et respectueuse de l’environnement.

Découvrez tout ce que nous avons déjà accompli avec l’aide de nos partenaires et donateurs !

Pour rappel : le projet Biofermes a pour objectif, l’innovation et la transmission des pratiques agroécologiques grâce à l’implication de différents acteurs et l’échange de savoirs faires. Pour cela, il faut expérimenter et s’approprier des modèles d’agriculture viables, vivables et reproductibles (par tous). C’est aussi le moyen de revaloriser le rôle des paysans et de montrer à tous les liens étroits existant entre l’agriculture et son environnement.

AGROÉCOLOGIE

Les formations :

Pour répondre à ces attentes, ont eu lieu en 2016 3 sessions de formations de 50 jours au sein de la Ferme Sainte Marte. Ces formations ont pour objectif :

  • L’apprentissage de l’agriculture biologique du jardin-potager au maraîchage-plein-champ.

 

  • La découverte des techniques agricoles naturelles les plus adaptées à un milieu donné.

 

  • La transmission de techniques agricoles pour permettre aux futur(e)s paysan(ne)s de gagner en autonomie.

Durant cette première année, 111 stagiaires ont été formés, dont 48 femmes et 61 hommes.
Parmi ces 111 stagiaires, 13 d’entre eux ont pu poursuivre l’apprentissage par une formation de mise en pratique de 2 mois sur la logique de compagnonnage, dans 4 petites fermes formatrices en agroécologie Ces formés, venus de toute la France pour la plupart en reconversion professionnelle ont choisi de venir se former à Sainte-Marthe pour murir leur projet de changement de vie, en lien avec l’activité agricole.

Enthousiasmés et reconnaissants de ces formations, les stagiaires ont tous été satisfaits de leur formation, comme en témoigne Julie « Une formation essentielle pour comprendre notre environnement et la posture que l’on peut tenir pour le respecter ».

A la suite de la formation, les formés restent en contact avec leur promotion pour construire leurs projets et sont mis en contact avec les formés des autres promotions grâce aux prémices du réseau d’échange crée par le projet Biofermes. D’après notre étude, 82% sont toujours en contact avec leur promotion par mails, 100% sont intéressés pour développer le réseau pour : des échanges sur l’installation (82.8%), échanges techniques (90.6%) etc. Les formations Biofermes permettent donc non seulement l’apprentissage de techniques agricoles mais aussi de développer l’échange, important vecteur de transformation sociale.
Avec la mise en place de notre campagne de crowdfunding Biofermes, nous souhaitons développer notre d’appui aux formés et consolider nos formations jusqu’alors établies. La collecte de dons aura comme objectif d’étendre le réseau de fermes formatrices à l’échelle nationale pour offrir aux formés des formations longues leur permettant d’appréhender la diversité des possibles en agroécologie. De plus, les formations à la conservation et multiplication des semences paysannes, continueront de former les futurs paysan(ne)s à ces pratiques, source d’autonomie

Découvrez le témoignage de Céline, formée à l’agroécologie à la permaculture dans une petite ferme dans le Berry en cliquant ici.

Afin de proposer aux bénéficiaires du projet de découvrir et de se confronter à la diversité du métier de paysan, nous souhaitons développer un réseau de petites fermes formatrices aux pratiques agroécologiques, qui suivent la Charte de l’Agriculture Paysanne de la FADEAR et ont à cœur de transmettre les connaissances nécessaires à la création d’une petite ferme.

7 petites fermes ont déjà rejoint le dispositif :

  • La Renaudière : située à Ecueillé, dans le département de l’Indre, elle s’établit sur une surface de 1 hectare. La petite ferme est gérée par Joseph, adepte des principes de permaculture, il y cultive 40 variétés de légumes et 3 variétés de fruits. En 2016, Joseph a accueilli 8 stagiaires.

 

  • Le Potager de Sainte Marthe : le potager est situé sur les terres de la ferme de Sainte Marte près de Millancay en Sologne. Celui-ci est cultivé par un couple d’ancien formé de Sainte Marthe. 30 variétés de légumes y sont cultivés et commercialisés en Amap et en magasin bio
    En 2016, Katia et Alessandro ont accueilli 2 stagiaires.

Copyright Dagmara

  • Le Jardin Potager : entretenue par Yohan et Véronique, cette micro ferme agroécologique de 2 000m² est constituée d’un jardin mandala et d’une surface cultivée en permaculture. On y retrouve plus de 60 variétés de légumes et plantes aromatiques.
    En 2016, Yohann et Véronique ont accueilli 3 stagiaires.

 

  • Le Bec Hellouin : située en Normandie, la ferme s’étend sur une surface de 20ha dont 4000m² cultivés en planches permanentes et en traction animale. Le Bec Hellouin est aujourd’hui un modèle vivant de ferme permacole productrice et moteur d’innovation.
    En 2017, Perrine et Charles ont accueilli 2 stagiaires.

 

Dont 3 nouvelles fermes :

  • La ferme des Places : Béatrice est la gérante de cet élevage de chèvres situé à Saint-Laurent. On y retrouve un troupeau d’une 40aine de chèvre sur une surface de 12.5ha sur laquelle les petites bêtes peuvent paître paisiblement. Avec son mari, ils élèvent leurs animaux sans pesticide ni produits chimiques.

  • La Ferme de Patrick Maliet : Patrick Maliet est producteur bio à Millançay, à 50 kilomètres de Blois, près de Romorantin, en plein cœur de la Sologne. Ancien chef de culture de la ferme de Sainte Marthe du temps de son activité de production de graines, il produit maintenant des légumes bio pour les Paniers Bio du Val de Loire. Patrick travaille seul sur sa petite-ferme de 1,2 hectare non mécanisée, en maraîchage bio. Il montre qu’il est possible de concrétiser ce type d’exploitation et de la rendre viable.

 

  • Les Jardins de Tiphereth : située dans le Cher sur 7 000 M², Jérôme et ses 2 partenaires mettent en place un maraîchage diversifié bio intensif sur des petites surfaces. La ferme est au cœur d’un village associatif : la Vallée d’Humbligny. Avec plusieurs amis, ils ont achété ce terrain où se développent plusieurs activités comme la Poterie, la construction et vente de Yourte… La ferme dispose du Label DEMETER (Biodynamie) et réalise ses préparations Byo dynamiques sur la terre et le compost.

 

 

La nouvelle campagne Biofermes, souhaite pouvoir offrir de nombreuses formations de mise en pratique dans ces fermes formatrices et inclure de nouvelles fermes au réseau.
Pour accompagner au mieux les formés dans l’acquisition de ces savoirs-faires, SOL et ses partenaires se sont rapprochés de structures telles que la FADEAR (Fédération associative pour le développement de l’emploi agricole et rural) et plus particulièrement de l’Ardear Centre (Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural). Ces échanges nous ont permis de bénéficier de leur expertise sur le sujet et ainsi apporter aux formés un apprentissage de qualité grâce notamment à l’intervention d’experts et la mise en relation des formés avec les structures accompagnants à l’installation.

SEMENCES

Valorisation des semences traditionnelles, vivantes et reproductibles :

Le projet Biofermes vise au développement des semences paysannes laissées-pour-compte ces dernières décennies. En effet, on constate que ¾ des variétés de semences ont disparu en un siècle, c’est-à-dire trois variétés sur quatre ! Les principales raisons de ce grave appauvrissement de la biodiversité sont liées à : la réglementation, l’agriculture intensive et la privatisation du vivant. Cela fait plus de 50 ans que les semences ne sont plus un bien public. En France, on peut déjà estimer que près de 90% des semences appartiennent à 5 multinationales. On a une réelle monopolisation des semences par les semenciers. En laissant les semences aux mains de quelques entreprises, la privatisation du vivant est en train de s’élargir et de s’accélérer.

Le projet a vu naître en juin 2017 un conservatoire pédagogique de semences. Le conservatoire recèle plus de 1000 variétés de graines anciennes potagères et céréalières, certifiées Bio, collectées, préservées et conservées. Celui-ci peut aujourd’hui accueillir le public et lui offrir un lieu de démonstration et documentation ainsi que de transfert de savoir-faire sur la reproduction des semences. Le conservatoire propose différents espaces : un espace de documentation multimédia, un espace d’exposition et de démonstration, un espace d’expérimentation et d’apprentissage.
Ouvert toute l’année, ce nouveau type de conservatoire allie conservation, culture et transmission des savoir-faire. Il s’agit maintenant de renforcer le jardin de semences, de restaurer une ancienne grange pour le séchage de celles-ci et de multiplier les formations pour les jardiniers amateurs et les futur(e)s paysan(ne)s.

AUTONOMIE

Dans le cadre du projet, les formés bénéficient d’une formation en conservation et reproduction des semences et découvrent l’ensemble de la chaîne d’activité paysanne, de la semence jusqu’ à l’installation : cela permet notamment de renforcer l’autonomie et l’indépendance des paysan(ne)s et de leur rendre la maîtrise de ce savoir qui a été le leur pendant des millénaires.

« J’ai découvert et appris l’art de faire ses semences et de bien les faire afin de préserver le capital génétique d’une plante » Chloé, formée en Juillet 2016.

La campagne de crowdfunding Biofermes vise à renforcer le conservatoire pédagogique de variétés anciennes et le jardin des semences, support de formations. Les dons permettront notamment de créer et diffuser de nouveaux outils pédagogiques sur les semences et de rémunérer une personne en charge du jardin de semences.

Sensibilisation du grand-public :

Le projet Biofermes c’est aussi une visée globale pour sensibiliser l’ensemble des citoyens à la conversation de notre biodiversité. En sensibilisant les citoyens au lien entre alimentation-agriculture-sante-environnement, ils deviennent « passeurs » au sein de leur territoire et relocalisent l’économie à travers leur mode d’alimentation. Les créations de petites fermes permettent aux habitants des territoires concernés d’accéder à une alternative agricole saine et durable.. Pour faire découvrir ces thématiques, deux journée portes ouvertes ont été organisées en première année accueillant 110 personnes. En parallèle, SOL a réalisé 4 apéros thématiques en lien avec le projet qui ont permis de sensibiliser plus de 150 personnes.

Le jeu éducatif collaboratif Ecolandi, est en cours de traduction pour être distributé à nos partenaires en Inde et au Sénégal. Adressé pour les petits et les grands, celui-ci permet d’apprendre à créer des potagers agroécologiques.

Avec les dons récoltés suite à notre campagne Biofermes, nous souhaitons enfin distribuer des Kits d’action, 4 000 kits d’action et de sensibilisation sur l’agroécologie et la protection de la biodiversité.

 

Le projet Biofermes a depuis 1 an et demi, connu des résultats convaincants. Tout d’abord, la satisfaction des formés révèle la qualité des enseignements proposés grâce notamment aux différents partenariats développés. La valorisation des structures et le soutien au projet Biofermes, a permis aux petites fermes la transmission de leurs savoirs faire. Biofermes fait reconnaitre l’importance et le rôle des petits paysans et peu à peu, le grand public aussi prend part à cette dynamique agroécologique.

Pour la deuxième année 2017-2018, nous souhaitons continuer de développer les trois piliers d’activités du projet afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre et de permettre la durabilité des actions mises en place

Vous aussi vous avez un rôle à jouer pour le développement d’une agriculture saine, productive et de qualité.

Soutenez notre campagne via la plateforme KisskissBankbank cliquez ici.

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